Cette flûte est l’aboutissement d’une longue recherche qui avait comme but d’augmenter le volume de la flûte baroque et de créer une nouvelle référence moderne pour la flûte au principe simple, ç,à,d : avec que six trous et une clef. Le manque de puissance étant son seul vrai défaut, je n’ai jamais souhaiter y changer autre chose. J’ai donc conservé les doigtés et l’accord de la flûte baroque et plus particulièrement celle de J.J.Quantz. Plus de puissance sonore et beaucoup de souplesse pour pouvoir aller du plus doux au plus fort possible avec facilité, sans perdre la justesse de l’intonation. La solution ne devait pas se trouver dans l’ajout de clefs mais dans les dimensions de la perce et la forme du trou de l’embouchure
Très actuelle, comme notre société multiculturel, elle réuni le meilleur des flûtes baroques et des flûtes indiennes en bambou. Ses qualités et ses limites viendront du fait qu’elle est en bois, qu’elle n’a qu’une ou deux clefs . Son ambitus est du RÉ au LA 3 comme la flûte baroque. Elle ne monte donc pas aussi haut que la flûte Boehm à cause du choix d’une plus grosse perce qui favorisent les notes graves et de l’absence de clefs sur le corps central.
La perce de ma nouvelle flûte est inspirée des flûtes en bambou de l’Inde du sud utilisées pour la musique Carnatique( en une pièce ). Dans cette région, les facteurs indous choisissent les sections de bambou qui offre naturellement une perce cylindrique au niveau du corps et conique, se réduisant vers l’embouchure, au niveau de la tête. On retrouve ce même type de perce dans le flûtes moderne en métal crée par Boehm.
J’ai choisi une allure extérieure en trois sections comme les flûtes françaises du début du XVIIIième siècle du type Hotteterre. Je me suis principalement inspiré des moulures extérieures de la flûte de Rippert du musée de Glasgow ainsi que du pied de la Bressan de la collection Miller à la Library of Congress de Washington D.C.
D’autres styles de moulures sont possible en toute liberté pour ce nouvel instrument. Ce type de divisions comprend la tête et le corps central qui sont lisses et trois pièces moulurées qui sont le capuchon, la pièce centrale à double mortaises ( qui relie la tête au corps ) et le pied. Ce choix à l’avantage de simplifier le travail lors de la fabrication et permet de tourner les parties principales qui sont lisses sans refaire à chaque fois toutes les moulures qui donnent le style à l’instrument. Ainsi les moulures sont harmonisées entre le capuchon, la pièce centrale à double mortaises et le pied.
Plusieurs autres types de moulures sont possibles en toute liberté pour cet instrument puisqu’il n’est pas fondamentalement relié à un type de musique en particulier. Comme pour les flûtes du XIX ième siècle, toutes les clefs pour les demi-tons sont aussi applicables même si les doigtés de fourche fonctionnent parfaitement bien, autant pour la sonorité que pour l’accord. J’ai expérimenté avec succès la clef du RÉ # (de Quantz ) sur le pied et celle du SOL # entre le troisième et le quatrième trou sur le corps central. En général, les trous sont assez larges, entre 8 et 9.5mm de diamètre. Le trou de l’embouchure est rond ( 9.5 / 9.4 ) et son biseau doit être aligné sur le centre des trous du corps lorsque la flûte est assemblée.
Sa note fondamentale est le RÉ comme la flûte baroque et elle offre toute la gamme chromatique sur deux octaves et une quinte ( de RÉ à LA ) . Les notes naturelles sont accordées sur le tempérament égal sauf le SI qui est un peu plus bas à – 5 cents. Les bémols sont plus haut à +10 cents et les dièses plus bas à – 10 cents. L’écart entre le FA dièse et le FA naturel est exceptionnellement bon. Habituellement sur une flûte baroque , le FA naturel est laissé trop haut pour obtenir un FA dièse juste, c’est un fait inévitable. Avec cette flûte avec un FA dièse juste je peu obtenir un FA naturel un peu plus bas que celui des flûte baroque commune. J’offre aussi la possibilité d’accorder le Fa dièse un peu bas pour obtenir un FA naturel juste sans nécessité d’ajustement avec l’embouchure, à la façon des flûte de Quantz.
Tel qu’elle se présente aujourd’hui, ma flûte amalgame est un produit qui n’avait jamais existé auparavant. C’est une nouvelle invention ou plutôt un nouvel assemblage de concepts. Sa puissance sonore est remarquable et sa justesse très satisfaisante.
J’en ai réalisé trois versions pour les trois diapasons différents utilisés aujourd’hui: LA 440, 415, et 392Hz. La plus grave peut être aussi considérée en DO au LA 440Hz. Jusqu'à présent les bois qui ont donné les meilleurs résultats sont les ébènes d’Afrique et le grenadille.
L’avenir dira dans quel univers musical ma nouvelle flûte sera la plus utilisée et appréciée. Je l’utilise moi-même pour la musique baroque, elle pourrait aussi être perçue comme une traversière Ganassi pour les pièces virtuoses Italienne du XVII ième siècle. Sa touche indienne lui laisse aussi une place aux musiques modales jouées tout en glissando avec ses large trous pour les doigts. J’ai des clients qui l’apprécie beaucoup dans la musique celtique actuelle. L’avenir seul nous révèlera sa destinée.